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Discours de l'Ambassadeur

Réunion du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo

L’Hôtel Sawa, Douala, Cameroun | le 2 mars 2012, à midi

Session de clôture

Discours prononcé par S.E.M. Robert P. Jackson
Ambassadeur des États-Unis au Cameroun

Excellences, Mesdames et Messieurs,

C'est un grand plaisir pour moi d'être ici avec vous à la clôture des travaux de cette importante Session de la Réunion plénière du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo(PFBC).

J’ai été impressionné de voir ce partenariat en action, et surtout  par la qualité des échanges et de la collaboration entre les nombreux partenaires présents dans cette salle. Il est clair qu’au cours des dix années qui se sont écoulées depuis l’établissement  de cette instance, celle-ci a atteint son régime de croisière, sous la direction engagée des différents facilitateurs qui s’y sont succédé, notamment avec l’étroite collaboration de gouvernements africains, de la Commission des Forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) et d'autres partenaires de longue date. Il est également encourageant de constater que ce partenariat continue de se développer, et que les nouveaux partenaires et donateurs du secteur privé, tels que la Norvège, adhèrent aux principes du PFBC et mettent à profit de nouvelles ressources.

Le prochain sommet de l'ONU sur le développement durable (Rio +20), qui se tiendra en juin au Brésil, nous offre une occasion idoine pour mettre en valeur ce partenariat et ses acquis, et nous espérons pouvoir travailler avec beaucoup d'entre vous à cette fin.

Il est difficile, en effet, d'imaginer où nous en serions aujourd'hui sans la plateforme de collaboration que ce partenariat nous a offerte au cours des dix dernières années, et dans le cadre de laquelle nous déployons nos efforts collectifs de manière stratégique. Son caractère informel et sa flexibilité ont permis à tous les partenaires de travailler de manière efficace et efficiente, tout en s'adaptant à l'évolution du temps. Plus important encore, ce partenariat a été d’un apport crucial pour la réalisation d’un certain nombre d’exploits  fondamentaux : 

  • Planification de la gestion des terroirs de manière stratégique et inclusive dans les grands paysages éco-systémiques du Bassin du Congo ;
  • Développement des parcs nationaux et autres aires protégées ;
  • Meilleure gestion des concessions forestières ;
  • Amélioration de la transparence et de l'accès à l'information ;
  • Préservation de la biodiversité, de la faune et de la flore ;
  • Réalisation du Rapport sur l'état des forêts et d'autres innovations en matière de cartographie et d'information géospatiale, tirant partie de ce que la science et la recherche peuvent offrir de meilleur à la région, et
  • Amélioration de la capacité de gestion communautaire des ressources locales.

À notre avis, le PFBC est désormais un exemple de référence dans le domaine de la conservation et de la gestion durable des autres grands écosystèmes d'importance mondiale.

Cela étant, il reste un certain nombre de défis à relever.

D’une part, le braconnage a atteint un niveau record dans certaines régions. Dans le nord du Cameroun, par exemple, 250 à 300 éléphants ont été tués pour leur ivoire depuis le début de la saison sèche au mois de novembre. Dans le parc de Bouba Ndjida, les braconniers auraient tué 140 à 200 éléphants durant le seul mois de janvier. Ce chiffre représente environ un tiers à la moitié de la population des éléphants de ce parc. Comme mon collègue de Libreville, S.E.M. l’Ambassadeur Benjaminson a déclaré, les États-Unis sont profondément préoccupés par cette situation.  Nous félicitons le Cameroun pour avoir envoyé des militaires dans le parc pour arrêter le braconnage et sécuriser la frontière. Nous comptons travailler avec le Cameroun et nos autres partenaires du PFBC pour endiguer le fléau. Lutter contre le braconnage n’est pas seulement question d’assurer nourriture et revenus pour l’instant présent ; il s’agit de protéger la biodiversité afin de continuer d’assurer nourriture et revenus pour des générations. Nous espérons vous voir nombreux à l'occasion de l'atelier sur le braconnage, que nous avons le plaisir d’organiser à Libreville en avril, conjointement  avec le Gabon.

D’autre part, le changement climatique influent de plusieurs façons sur les écosystèmes forestiers et la production agricole, et par voie de conséquence,  sur la sécurité alimentaire. Cela étant, la promotion de forêts saines peut contribuer à minimiser l’incidence de l’évolution du climat sur les communautés forestières.

En l'absence d’une planification globale et stratégique du développement durable, les changements démographiques, la demande mondiale croissante pour les produits agricoles, et le développement des infrastructures font de plus en plus reculer les forêts tropicales à travers le monde. Il y a de cela une ou deux décennies, l’Afrique de l'Ouest était densément boisée. Aujourd’hui, elle  a presque complètement perdu ses écosystèmes forestiers et fauniques. L'Afrique centrale pourrait partager ce destin si aucune mesure urgente n’est envisagée pour protéger et gérer ses écosystèmes naturels et les services que ces derniers procurent – notamment la diversité biologique, la ressource en  eau douce, la production et la stabilité des sols, la pollinisation,  les ressources marines, et la séquestration du carbone, qui  sont tous essentiels à la sécurité alimentaire et au bien-être humain dans la région.

Relever ces défis à plus long terme est essentiellement tributaire de notre capacité à mobiliser la volonté politique dans la région, et mettre à profit les ressources financières nécessaires pour la mise en œuvre de mesures à court terme. Nous ne pouvons y parvenir que si nous présentons aux dirigeants un discours cohérent, qui va au-delà de la canopée forestière pour établir un lien étroit entre les perspectives de développement régional et les décisions que les dirigeants prennent à court terme face aux crises passagères de l'instant. Ce discours  doit certes raconter une histoire convaincante ; mais il doit aussi et surtout être appuyé par des données scientifiques et les  analyses les plus pertinentes.

Nous avons là l’occasion, en tant que partenariat, de travailler avec les dirigeants et d’autres acteurs  à l'intérieur et en dehors  du secteur forestier, notamment pour : changer les politiques qui génèrent des résultats passagers ; mettre en œuvre des mesures incitatives pour promouvoir des pratiques pouvant résister à l’épreuve du temps ; mettre à profit des données exactes et en temps opportun pour éclairer la prise de décisions ; mener une action urgente, ambitieuse et concertée pour atteindre les objectifs convenus au niveau international ; et renforcer les institutions régionales, nationales et locales.

À cette fin, nous continuons de voir la COMIFAC comme un partenaire intergouvernemental clé dans la région, et nous espérons que tous les pays d'Afrique centrale membres  de cette institution lui apporteront effectivement leurs concours, afin d’en promouvoir l’autonomie. C’est le lieu de féliciter le Gouvernement camerounais qui a  récemment pris des mesures dans ce sens.

Comme nous le savons tous, il reste beaucoup de chemin à parcourir pour pouvoir éliminer les causes de la déforestation et de la dégradation de la biodiversité en Afrique centrale. Mais il existe également un énorme potentiel  pour la croissance économique et le développement des moyens de subsistance, grâce notamment à une gestion durable des forêts et de la faune. Les clés pour y parvenir résident dans le partenariat - un partenariat réel - et l’effectivité d’une volonté et d’un engagement politique forts à tous les niveaux, pour transformer les défis en opportunités et parvenir à ce que nous souhaitons tous pour la région, à savoir, des écosystèmes sains et partant, des populations vivant en toute sécurité et prospérité.

Merci de votre aimable attention.